L’ancien international guinéen Abdoul Salam Sow a livré un discours particulièrement critique sur la situation du football guinéen. Invité sur Africa Sport TV, il a dénoncé les divisions au sein de la Fédération guinéenne de football (FGF) et a notamment ciblé le G47, groupe de membres statutaires qui s’était opposé au Comité de normalisation (CONOR).
La crise qui secoue le football guinéen depuis plusieurs années continue de susciter des réactions. Pour Abdoul Salam Sow, les difficultés de la Fédération guinéenne de football sont notamment liées aux divisions entre ses différents acteurs et aux conflits internes qui ont marqué ces dernières années.
L’ancien international guinéen s’interroge également sur le niveau actuel du Syli National et sur sa capacité à s’imposer face aux sélections de la sous-région.
« Quelle équipe de notre sous-région le Syli peut-il battre avec certitude ? Il n’y en a pas », a-t-il déclaré.
« Si je suis ministre ou président de la République… »
C’est surtout lorsqu’il évoque la crise institutionnelle à la FGF que Salam Sow hausse le ton. Il estime que les querelles entre les différents acteurs ont durablement affecté le football guinéen.
« Et maintenant, ça fait combien d’années qu’au niveau de la Fédération, il y a cette guerre entre eux ? », s’interroge-t-il.
Puis l’ancien international guinéen évoque directement le G47, un groupe constitué de membres statutaires de la FGF qui s’était retrouvé au cœur du bras de fer avec le CONOR.
« Si je suis ministre ou président de la République, je décapite le G47. Tu sais pourquoi ? Parce qu’ils ont fait beaucoup de mal à ce football », affirme-t-il.
Cette déclaration intervient dans un contexte où le G47 avait effectivement joué un rôle important dans la crise institutionnelle de la FGF. En novembre 2022, lors d’une assemblée générale extraordinaire, 47 des 60 délégués présents avaient voté contre le projet de nouveaux statuts proposé par le CONOR.
Une opposition qui avait paralysé le processus de normalisation
Le bras de fer entre le CONOR et les membres statutaires avait alors fortement marqué le processus de normalisation du football guinéen. En février 2023, 47 membres statutaires avaient encore répondu à l’appel du ministre des Sports de l’époque, Lansana Béa Diallo, dans le cadre des discussions visant à trouver une issue à la crise.
Quelques semaines plus tard, une commission mixte avait été mise en place afin de travailler sur les points de désaccord entre les différentes parties. Le G47 y avait notamment obtenu trois représentants.
Le processus avait finalement abouti à l’adoption de nouveaux statuts en juillet 2023. Les 65 membres statutaires présents avaient alors voté en faveur des textes, permettant au processus électoral de reprendre.
Du G47 au G73
Le terme « G47 » a ensuite continué à être utilisé dans la période précédant l’élection du nouveau Comité exécutif de la FGF. En octobre 2023, le groupe avait notamment désigné le général Mathurin Bangoura comme tête de liste pour l’élection à la présidence de la Fédération.
Après son élection à la tête de la FGF en janvier 2024, Aboubacar Dinah Sampil avait toutefois appelé à tourner la page de cette division. Il avait déclaré qu’il n’y avait désormais « plus de G47 » mais un « G73 », faisant référence à l’ensemble des membres statutaires.
« Ils travaillent ensemble, ils ne s’entendent pas »
Dans son intervention, Salam Sow reproche surtout aux différents protagonistes de privilégier leurs divergences au détriment de l’intérêt collectif.
« Ce ne sont pas les politiciens qui l’ont fait. Ce n’est pas toi, ce n’est ni moi. C’est eux qui travaillent ensemble, ils ne s’entendent pas », affirme-t-il.
Pour l’ancien international, les conséquences de ces affrontements dépassent les personnes directement impliquées. Il estime que les conflits autour de la direction de la Fédération finissent par affecter l’ensemble du football guinéen.
« Toi, tu es assis ici, on te nomme demain, ils feront tout leur possible pour te faire échouer. Mais ce qu’ils oublient, c’est qu’en s’en prenant au chef, en tant que président de la Fédération, ils ont touché au football », poursuit-il.
Salam Sow conclut en expliquant qu’il ne souhaite pas entrer dans les querelles personnelles et les questions d’ego qui, selon lui, continuent de diviser les acteurs du football guinéen.
« Maintenant, moi, je ne rentre pas dans ces histoires d’ego-là », a-t-il déclaré sur Africa Sport TV.
Ses propos relancent ainsi le débat sur les divisions qui ont marqué la gouvernance du football guinéen ces dernières années, alors que plusieurs acteurs appellent régulièrement à l’unité autour du développement du football national.
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